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Vie en Belgique

À 72 ans, Nicole décide de quitter Bruxelles… six mois plus tard, elle ne regrette qu’une seule chose

Pendant près de quarante ans, Nicole n’avait jamais imaginé vivre ailleurs. Puis, à 72 ans, elle a fermé la porte de son appartement bruxellois une dernière fois. Six mois plus tard, sa nouvelle vie lui plaît davantage qu’elle ne l’aurait cru. Pourtant, quelque chose continue de lui manquer.

Nicole connaissait son quartier presque les yeux fermés.

La boulangerie où elle achetait son pain, le petit supermarché où elle croisait toujours les mêmes visages, l’arrêt de tram au bout de la rue et même les voisins dont elle reconnaissait les pas dans l’escalier.

Elle était arrivée à Bruxelles lorsqu’elle était encore jeune. Elle y avait travaillé, élevé ses enfants et traversé une grande partie de sa vie.

Alors lorsqu’elle a commencé à parler d’un départ, ses proches ont cru qu’il s’agissait simplement d’une idée passagère.

« Pourquoi partir maintenant ? »

C’est la question que ses enfants lui ont posée plusieurs fois.

Nicole elle-même aurait probablement trouvé cette idée étrange quelques années auparavant. Elle aimait Bruxelles et n’avait jamais ressenti le besoin de vivre ailleurs.

Mais son quotidien avait changé.

Elle sortait moins le soir, utilisait beaucoup moins les transports et profitait rarement de tout ce qui l’avait autrefois attirée dans la capitale.

En revanche, elle remarquait davantage le bruit, la circulation et le rythme de la ville.

« Je me suis demandé pourquoi je restais quelque part uniquement parce que j’y avais toujours vécu. »

Cette question a fini par devenir impossible à ignorer.

Une petite annonce change ses projets

Nicole commence alors à regarder les logements disponibles dans des villes plus petites, sans réellement savoir si elle aura un jour le courage de déménager.

Elle impose toutefois quelques conditions.

Elle veut pouvoir faire ses courses à pied, vivre près d’une gare et surtout rester suffisamment proche de Bruxelles pour continuer à voir régulièrement sa famille et ses amis.

Un dimanche, une annonce attire son attention.

L’appartement est plus petit que le sien. Il possède deux chambres, un balcon modeste et une cuisine qui aurait probablement besoin d’être rafraîchie.

Rien de spectaculaire.

Mais sur les photos, Nicole remarque immédiatement la rue calme, les arbres devant l’immeuble et les petits commerces situés à proximité.

Elle prend rendez-vous pour une visite.

Quelques semaines plus tard, les cartons sont prêts

Le plus difficile n’a finalement pas été de choisir son nouveau logement.

Le plus difficile a été de trier presque quarante années de souvenirs.

Certains meubles sont partis chez ses enfants. Des vêtements ont été donnés. Plusieurs cartons remplis d’objets qu’elle n’avait pas touchés depuis des années ont enfin été ouverts.

Le jour du déménagement, Nicole reconnaît avoir eu un moment de doute.

Son appartement était presque vide lorsqu’elle a regardé une dernière fois par la fenêtre.

La vue qu’elle avait observée pendant des décennies allait désormais appartenir à quelqu’un d’autre.

Les premiers jours sont étranges

Dans son nouveau logement, le silence la surprend.

Plus de tram sous les fenêtres. Beaucoup moins de voitures. Le soir, elle entend parfois simplement les voisins rentrer chez eux ou quelques oiseaux dans la rue.

Au début, elle trouve même cela presque trop calme.

Puis une nouvelle routine s’installe.

Chaque matin, elle marche jusqu’à la boulangerie. Lorsqu’il fait beau, elle prolonge son trajet jusqu’au parc. Elle connaît maintenant la pharmacienne, la personne qui tient le café voisin et plusieurs habitants de son immeuble.

Ses enfants remarquent également un changement.

Nicole marche davantage et semble moins pressée.

Et lorsqu’elle veut retourner à Bruxelles, elle prend simplement le train.

Six mois plus tard, une seule chose lui manque vraiment

Quand sa famille lui demande si elle regrette son départ, Nicole répond immédiatement que non.

Son ancien appartement ne lui manque pas particulièrement. La circulation non plus.

Ce qui lui manque, ce sont les gens.

Plus précisément, les voisins avec lesquels elle avait partagé des années de petites habitudes : un café improvisé, une conversation dans l’escalier, un colis gardé quelques heures ou simplement un bonjour échangé chaque matin.

Certains vivaient dans l’immeuble depuis presque aussi longtemps qu’elle.

Sans qu’elle s’en rende réellement compte, ils étaient devenus une partie de son quotidien.

Nicole continue donc de leur téléphoner. Et lorsqu’elle revient à Bruxelles, elle passe parfois dans son ancien quartier simplement pour boire un café et prendre de leurs nouvelles.

« J’aurais peut-être dû le faire plus tôt »

Aujourd’hui, Nicole ne considère pas son déménagement comme une rupture avec sa vie passée.

Elle préfère parler d’un nouveau chapitre.

Elle a gardé ses amis, reste proche de ses enfants et peut retourner à Bruxelles quand elle le souhaite. Mais lorsqu’elle rentre chez elle, elle retrouve désormais le calme qu’elle cherchait.

À 72 ans, Nicole pensait qu’un changement aussi important serait difficile. Six mois plus tard, elle dit surtout avoir découvert qu’il est parfois possible de changer beaucoup de choses dans son quotidien sans abandonner tout ce qui comptait auparavant.